Le jeudi 5 novembre 2026, trois jours après le retour en classe suivant les congés de la Toussaint, les collèges et lycées publics sont concernés par une grève nationale. Lancée par le SNES-FSU ainsi qu’une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale, cette action prolonge directement les mouvements lycéens d’octobre, alors que le budget de l’État est en cours d’examen parlementaire. Pour les familles, les conséquences seront rapides : enseignement interrompu, doute sur la demi-pension et absence de service minimal d’accueil au sein des établissements secondaires. Vue d’ensemble des troubles prévus et des étapes essentielles pour se préparer en toute tranquillité.
Le rythme social de cette saison automnale impose une charge continue aux ménages. Les élèves, fraîchement de retour dans leurs classes après deux semaines de vacances, voient l’intersyndicale de l’Éducation nationale réclamer une grève massive le jeudi 5 novembre 2026. Ce mouvement s’inscrit dans le sillage des mobilisations lycéennes d’octobre 2026 qui avaient déjà mis en lumière la détérioration des conditions d’études et le déficit de ressources dans plusieurs établissements. Les organisations syndicales du corps enseignant ont décidé d’aligner leurs exigences professionnelles sur les demandes exprimées par la jeunesse, précisément au moment où les débats budgétaires pour 2027 démarrent à l’Assemblée nationale.
En tête des exigences se place la problématique du pouvoir d’achat. De 2020 à 2026, l’inflation totale a franchi le seuil de 21 % en France, alors que le montant de l’indice de la fonction publique n’a enregistré qu’une progression de 5 % durant ce laps de temps. Les syndicats critiquent un déclassement permanent des professions enseignantes, ce qui fragilise fortement l’attrait des concours et provoque une pénurie de vocations inédite. Afin de renverser cette dynamique, les organisations représentatives exigent une hausse indiciaire de 20 % sans charge de travail accrue, ainsi qu’une révision intégrale des grilles indiciaires concernant les phases initiales de la profession et l’accession au statut permanent des assistants d’élèves en situation de handicap (AESH).
Le refus du Pacte enseignant, en tant que dispositif, agit comme un autre facteur clé de l’agacement. Confronté à un manque structurel de titulaires et de suppléants, le ministère de l’Éducation nationale parie sur l’augmentation des heures de travail supplémentaires réellement accomplies et des tâches annexes remises aux professeurs actuellement en fonction. Selon les syndicats, cette stratégie visant à intensifier l’effort de personnels déjà surchargés provoque l’épuisement professionnel sans corriger la pénurie chronique de suppléants face aux élèves, ce qui préjudicie au suivi des programmes scolaires durant toute l’année, comme l’indique le calendrier des vacances scolaires.
Le nombre d’élèves par cours constitue l’intersection la plus visible entre les demandes des enseignants et celles des parents. Depuis 2006, l’enseignement public du second degré a vu s’ajouter plus de 63 000 élèves tout en subissant la disparition d’environ 30 000 postes de professeurs. Ce déséquilibre démographique positionne la France au sein des nations européennes aux groupes les plus denses, aussi bien en collège qu’en lycée. Actuellement, plus de trois quarts des classes de seconde regroupent plus de 30 élèves, ce qui rend le suivi individualisé plus difficile et intensifie l’anxiété des lycéens lors des contrôles périodiques.
Cette surcharge des effectifs s’accompagne de la détérioration matérielle des établissements scolaires. Diverses études de terrain ont mis en évidence la vétusté de beaucoup d’écoles du second degré publiques, souvent décrites comme des bouilloires thermiques quand la chaleur augmente et comme des passoires énergétiques durant l’hiver. Bien que le gouvernement ait mentionné un budget total de 4 milliards d’euros avant 2030 pour réhabiliter les édifices éducatifs, les syndicats estiment que cette promesse reste largement inférieure aux exigences effectives. Ils proposent un programme de 5 milliards d’euros annuels pendant une décennie, financé conjointement par le gouvernement central et les autorités territoriales, afin d’ajuster de façon pérenne les installations scolaires aux contraintes climatiques et d’assurer des conditions d’étude correctes.
Les organisations syndicales réclament aussi une révision complète des réformes éducatives récentes. Les grévistes ciblent spécifiquement la structure des horaires morcelés en barrettes, forçant certains lycéens à finir leurs journées à 18 heures, l’abolition du Grand oral et le rétablissement d’examens finaux anonymes destinés au baccalauréat, au détriment de l’évaluation continue, ainsi que la réorganisation totale de Parcoursup afin d’assurer une inscription au sein de l’enseignement supérieur public à chaque bachelier.
Les parents connaissant bien le mode de marche des écoles maternelles et des écoles primaires doivent se souvenir d’une distinction juridique essentielle. La loi du 20 août 2008, qui instaure un droit d’accueil pour les élèves des écoles maternelles et primaires, ne concerne ni les collèges ni les lycées. Ainsi, l’enseignement secondaire public ne dispose d’aucun service minimal d’accueil garanti par les municipalités ou l’État. Quand un enseignant du collège ou du lycée fait grève, aucun remplaçant n’est dépêché pour surveiller les élèves durant son temps de cours.
En outre, alors que les professeurs du primaire doivent notifier leur hiérarchie de leur mouvement de grève au moins 48 heures avant son lancement, les enseignants du secondaire n’ont aucune obligation de préavis pour se déclarer en grève. Les enseignants du collège et du lycée peuvent choisir d’user de leur droit constitutionnel de grève dès le matin de la journée d’action. Cette règle statutaire explique pourquoi les directions d’établissement ne sont généralement pas en mesure de diffuser un tableau prévisionnel exhaustif des cours maintenus avant le début de la matinée.
Même ainsi, un jour de grève n’implique pas que le lycée ou le collège soit fermé. Juridiquement, l’établissement scolaire reste officiellement ouvert sous l’autorité du directeur de l’établissement ainsi que de sa direction, à moins d’un blocage physique externe ou d’un incident de sécurité confirmé. Les enseignants non grévistes dispensent leurs leçons conformément à l’emploi du temps régulier, tandis que les services administratifs opèrent selon les effectifs disponibles.
Les répercussions de la grève du 5 novembre risquent d’aller au-delà des classes uniquement. Au sein des établissements secondaires, les personnels techniques, ouvriers et de service (agents territoriaux rattachés au département pour les collèges ou à la région pour les lycées) sont aussi invités à prendre part à cette journée d’action interprofessionnelle. En cas d’arrêt de travail massif de ces employés, le fonctionnement de la restauration scolaire pourrait être sévèrement affecté. Concrètement, la demi-pension risque d’être interrompue ou réduite à un repas servi froid si les équipes de cuisine sont insuffisantes pour assurer la confection des plats chauds habituels.
La vie scolaire représente une autre vulnérabilité opérationnelle. Les AED, surnommés couramment surveillants, et les CPE s’engagent activement dans le mouvement visant à dénoncer la précarité qui est la leur et à exiger des grilles salariales revalorisées. Face à une absence nombreuse de surveillants, l’établissement risque d’être obligé de fermer provisoirement la salle où l’on assure la permanence, le lieu de repos pour les élèves ou le lieu de consultation documentaire et informative (CDI). La surveillance qui est celle de la cour des récréations et des couloirs devient alors limitée, poussant fréquemment les directeurs d’établissement à changer les règles concernant les départs durant la journée.
Dans le domaine du transport scolaire, les lignes régulières administrées par les autorités de mobilité urbaine ou les conseils régionaux suivent normalement leurs emplois du temps coutumiers. Cependant, les élèves ayant des cours commençant plus tard ou se terminant plus tôt à cause d’enseignants absents ne bénéficient pas systématiquement de courses intermédiaires au cours de la journée. Les familles résidant en zone rurale ou périurbaine doivent ainsi prévoir d’éventuels déplacements personnels pour récupérer leurs petits en cas d’accueil sur place restreint.
Afin de réduire les inconvénients des annulations et épargner les déplacements vains, des gestes élémentaires aident les foyers à réorganiser leur journée promptement. Les applications numériques mises en place par les académies assurent aujourd’hui une surveillance instantanée de l’activité scolaire :
On suggère d’éviter d’engorger la ligne téléphonique du collège ou de l’établissement d’enseignement secondaire à l’ouverture. Les directions et services de vie scolaire dédient les premières heures du matin à l’identification du personnel présent et à l’actualisation des horaires sur l’espace numérique. Utiliser les messageries officielles électroniques offre aux personnels les meilleures conditions pour s’occuper des questions urgentes.
La déclaration d’un mouvement de grève général provoque occasionnellement des confusions concernant les obligations scolaires. Bien que certaines séances soient annulées durant la journée, l’exigence stricte de présence demeure en vigueur pour chaque horaire où le professeur se trouve dans son local. Un étudiant ne saurait se dispenser de sa part ou sur instruction parentale d’une leçon habituellement dispensée, simplement parce qu’une grève se déroule ce jour-là.
Chaque manquement à une leçon maintenue exige une notification et une justification à la vie scolaire, conformément aux dispositions du règlement intérieur de l’école. Les raisons jugées valables par le Code de l’éducation demeurent rigoureusement limitées : maladie de l’élève, assemblée solennelle familiale ou incident majeur imprévu des transports. Le prétexte de la grève générale n’offre pas une dispense automatique de présence pour les séances planifiées.
Si les séances sont réellement suspendues à cause de la grève, les apprenants ne figurent pas parmi les absents durant ces créneaux. En retour, on leur suggère d’exploiter cette période pour ancrer leurs connaissances, réviser leurs supports ou progresser sur leurs projets individuels. Les tests et évaluations manqués pendant un arrêt de travail sont habituellement reportés aux jours suivants par les enseignants impliqués, imposant ainsi de conserver une cadence d’effort constante afin d’affronter calmement les futures dates butoirs de l’école.