Depuis 2024, le programme TED-i déploie des robots de télé-présence dans les établissements scolaires français pour permettre aux élèves hospitalisés de continuer à suivre leurs cours depuis leur chambre. Les chiffres publiés par le ministère de l'Éducation nationale donnent la mesure d'un dispositif qui progresse vite.
En deux ans et demi, ce sont 3 554 déploiements qui ont été enregistrés dans 1 973 établissements distincts à travers toute la France. Aujourd'hui, 938 robots sont actifs - c'est-à-dire en cours d'utilisation sans date de fin déclarée.
Le principe est simple. L'élève hospitalisé se connecte depuis son lit, via une tablette ou un ordinateur, à un robot installé dans sa classe. Le robot - une sorte de tablette montée sur roulettes - lui permet de voir et d'entendre ce qui se passe en cours, d'intervenir, de participer aux échanges, et d'être présent aux yeux de ses camarades et de ses enseignants. Pas de retard à rattraper, pas d'isolement : la scolarité continue.
Le dispositif concerne tous les niveaux. Sur les 3 554 déploiements recensés, les collèges arrivent en tête (1 265), suivis des lycées (1 110) et des écoles primaires (968). Des services administratifs et structures médico-sociales figurent également dans les données.
La montée en charge est nette quand on regarde les chiffres année par année : 1 013 déploiements en 2024, 1 837 en 2025, et déjà 704 sur les cinq premiers mois de 2026. Le rythme de déploiement suit le calendrier scolaire : les pics apparaissent aux deuxième et troisième trimestres (rentrée de septembre, rentrée de janvier), tandis que les périodes d'été marquent naturellement un creux.
Le programme a été pensé pour s'adapter à toutes les situations d'hospitalisation : une fracture, une opération, une maladie chronique, ou tout autre motif qui éloigne l'élève de l'école pendant plusieurs semaines. Il n'est pas réservé aux cas les plus graves - c'est précisément ce qui fait sa force.
Sur les robots actuellement actifs, l'académie de Lille se distingue largement avec 138 robots en service, devant Versailles (66), Dijon (60), Poitiers (56) et Grenoble (54). Au niveau départemental, le Pas-de-Calais (297 déploiements cumulés) et le Nord (159) sont les territoires où le dispositif a pris le plus d'ampleur depuis son lancement.
Cette répartition n'est pas totalement surprenante : les académies du nord de la France, souvent confrontées à des problématiques sociales complexes et à une densité scolaire élevée, ont été parmi les premières à s'emparer du dispositif. Mais les données montrent que toutes les académies sont désormais concernées, de Rennes à Aix-Marseille en passant par Toulouse et Lyon.
Pour un enfant qui se retrouve hospitalisé plusieurs semaines, ou qui suit un traitement long à domicile, le risque de décrochage scolaire est réel. Reprendre le fil d'une année après une longue absence - surtout en fin de cycle, avant le brevet ou le baccalauréat - est souvent plus difficile qu'il n'y parait. TED-i ne règle pas tout, mais il maintient le lien avec la classe, les enseignants, et les camarades.
Pour les parents, cela signifie aussi moins de pression sur l'organisation du rattrapage. Moins de cours particuliers à trouver, moins d'inquiétude sur les lacunes qui s'accumulent. L'enfant reste élève même hospitalisé.
Le dispositif TED-i est gratuit et accessible sur demande. C'est le chef d'établissement, en lien avec le médecin scolaire et l'équipe pédagogique, qui initie la démarche. Il n'existe pas de délai minimal d'hospitalisation requis : c'est la situation de l'élève et l'appréciation de l'équipe éducative qui priment.
Si votre enfant est hospitalisé ou en arrêt prolongé, le premier réflexe est de contacter le directeur de l'école ou le principal du collège. Certaines académies disposent également d'un référent TED-i qui peut faciliter la mise en place. Les dates des vacances scolaires et la planification de l'année peuvent aussi être utiles pour anticiper les périodes de reprise - vacances-scolaires.com propose le calendrier complet par zone et par commune.