Vacances scolaires et tourisme : 49 % des nuitées en France tombent pendant les vacances

Façade d’un hôtel urbain avec entrée principale

Les Français ne partent pas en vacances au hasard : ils suivent le calendrier scolaire. En croisant les dates officielles des cinq périodes de vacances 2025-2026 avec les données de fréquentation de l’INSEE, un constat s’impose : près de la moitié des nuitées se concentre sur les vacances scolaires. En 2025, les hôtels, campings et résidences de tourisme ont enregistré 460,9 millions de nuitées en France, dont environ 225 millions pendant les cinq périodes de repos des élèves.

460 millions de nuitées en 2025, une année record

L’INSEE publie chaque année la fréquentation des hébergements touristiques : hôtels, campings, résidences de tourisme et autres hébergements de courte durée. En 2025, l’ensemble de ces structures a comptabilisé 460,9 millions de nuitées, résidents et touristes étrangers confondus. Les hôtels représentent 215,7 millions de ces nuitées, les campings 147,6 millions, et les résidences de tourisme 71,9 millions.

Ce volume place la France parmi les premières destinations européennes. Le détail par mois montre une courbe très creusée : janvier ne pèse que 4,3 % de l’année, tandis qu’août en pèse à lui seul 19,7 %. Cette asymétrie n’est pas un hasard : elle épouse la durée des vacances scolaires et, surtout, la longueur exceptionnelle des vacances d’été.

Le comparatif avec les autres années est instructif. En 2019, avant la pandémie, la France avait enregistré 437,8 millions de nuitées ; en 2023, 449,3 millions ; en 2024, 446,1 millions. L’année 2025 confirme que le tourisme français a retrouvé, puis dépassé, son niveau d’avant-crise. La croissance est portée par les hôtels (215,7 millions de nuitées en 2025 contre 209,8 millions en 2024) et par les campings, dont la saison 2025 est la plus chargée depuis 2019.

Août, le mois qui fait basculer l’année

Août 2025 est le mois le plus fréquenté de l’année, avec 90,8 millions de nuitées, un record depuis que l’INSEE publie ces données dans leur périmètre actuel. Juillet suit avec 78,1 millions de nuitées, en hausse de 5,6 % par rapport à juillet 2024. Les deux mois réunis totalisent 168,9 millions de nuitées, soit 36,7 % de l’année entière.

Le pic est encore plus marqué dans les campings : 63,6 % des nuitées de camping tombent en juillet-août, et le seul mois d’août représente 34,8 % de la saison. C’est le format d’hébergement le plus « scolaire » de tous : quand les enfants sont en classe, les emplacements restent vides.

Cinq périodes de vacances, 35 % de l’année

Le calendrier scolaire 2025-2026, publié par le ministère de l’Éducation nationale, compte cinq périodes de vacances : l’été (59 jours), la Toussaint (17 jours), Noël (17 jours), l’hiver (17 jours) et le printemps (17 jours). Au total, les élèves sont en vacances 127 jours par an, soit 35 % de l’année. Vous pouvez retrouver toutes les dates par zone sur notre page calendrier scolaire 2025-2026.

En superposant ces fenêtres sur les données mensuelles de l’INSEE, on obtient une estimation : environ 225,7 millions de nuitées, soit 49 % de l’activité touristique annuelle, tombent pendant les vacances scolaires. L’été pèse à lui seul 34,5 % de l’année (158,9 millions de nuitées sur la fenêtre du 5 juillet au 31 août), la Toussaint 2,8 %, Noël 2,5 %, l’hiver 3,9 % et le printemps 5,2 %.

Le printemps surprend : ces deux semaines de congés tombent en avril-mai, quand le beau temps revient et que les Français partent plus volontiers que pendant la Toussaint, souvent pluvieuse. C’est aussi la période des ponts de l’Ascension, qui étire les séjours. En 2026, la zone A est en vacances du 4 au 20 avril, la zone B du 11 au 27 avril et la zone C du 18 avril au 4 mai : trois fenêtres décalées qui s’additionnent sur six semaines, un calendrier favorable aux familles qui veulent éviter les pics.

La Toussaint, elle, est la période la plus « courte » en nuitées (2,8 % de l’année) : les séjours y sont plus brefs, souvent un week-end prolongé plutôt qu’une semaine complète. Noël, avec 2,5 %, est tiré par les séjours urbains et les escapades de fin d’année. L’hiver (3,9 %) est le seul moment où les stations de ski rivalisent avec le littoral, comme le montrent nos articles sur les vacances d’hiver 2027 et le ski.

Où partent les familles pendant les vacances ?

Le palmarès des départements par nuitées d’hôtel en 2025 est dominé par Paris (41,9 millions), qui capte une clientèle d’affaires et de tourisme international, puis par les Alpes-Maritimes (10,1 millions), la Seine-et-Marne (9,6 millions), les Bouches-du-Rhône (6,9 millions) et le Rhône (6,2 millions).

Le vrai signal « vacances scolaires » apparaît quand on mesure la part de l’été dans l’activité de chaque département. En Corse, 37 % des nuitées d’hôtel se font en juillet-août, comme en Lozère (36 %) et dans l’Ardèche (34 %). Le Var, le Cantal et le Lot suivent autour de 32 %. À l’inverse, en Savoie ou dans la petite couronne parisienne (Hauts-de-Seine, Essonne, Val-de-Marne, Nord), l’été ne représente que 16 à 17 % de l’activité : ces territoires vivent toute l’année, entre skieurs, touristes d’affaires et visiteurs de passage.

Cette carte invisible est utile pour choisir sa destination : si vous partez en août avec des enfants, visez les destinations de plein été (littoral, campagne, montagne d’altitude) ; si vous voulez éviter la foule, les destinations « toute l’année » comme la Savoie offrent un profil de fréquentation plus lissé.

Les touristes étrangers pèsent de plus en plus

Autre tendance de fond : la part des nuitées effectuées par des touristes étrangers progresse dans les hôtels, passant de 35,6 % en 2019 à 38,4 % en 2025. Paris (68 %), la Seine-et-Marne (67,6 %) et les Alpes-Maritimes (54,7 %) sont les départements les plus internationaux. Dans les campings, la part étrangère est plus stable, autour de 30,5 % en haute saison 2025.

Conséquence concrète : pendant les grandes vacances, les destinations les plus populaires sont disputées entre familles françaises et touristes internationaux. Réserver tôt, surtout pour juillet-août, n’est plus une option. Les campings, plus sensibles aux aléas météo, voient leur taux d’occupation monter très vite dès la mi-juin : 18,1 millions de nuitées dès le mois de juin 2025, soit 12,3 % de la saison. Notre article sur les dates des vacances d’été 2026 détaille les départs par zone pour anticiper.

Comment lire ces chiffres sans se tromper

Deux précautions s’imposent avant de tirer des conclusions. D’abord, les données de l’INSEE couvrent les hébergements déclarants : hôtels, campings, résidences de tourisme et meublés de tourisme. Les locations privées non déclarées, en particulier une partie des logements loués en ligne, ne sont pas comptabilisées. Le volume réel des séjours est donc supérieur à celui mesuré, mais la répartition entre périodes reste représentative. Ensuite, le calcul des vacances scolaires sur les nuitées est une estimation par interpolation mensuelle : l’INSEE ne publie pas de découpe par période de vacances. L’ordre de grandeur est solide, mais le chiffre exact peut varier de quelques points selon la méthode de calcul.

Ce que ces chiffres changent pour votre organisation

Le message principal est simple : le tourisme français est un tourisme de calendrier scolaire. Les pics de fréquentation, les prix les plus élevés et les routes les plus chargées coïncident avec les départs et retours de vacances. Bison Futé le confirme chaque année en classant en rouge les premiers week-ends de juillet et de septembre : voir notre article sur les dates rouges de Bison Futé.

Quelques réflexes s’imposent. Partir en milieu de semaine, idéalement un mardi ou un mercredi, réduit la probabilité de coincer dans les bouchons. Choisir une destination dont l’activité est lissée sur l’année évite l’effet « tout le monde au même endroit ». Et si votre budget est serré, les périodes de Toussaint et d’hiver, moins sollicitées, offrent souvent de meilleurs tarifs : notre comparatif des vacances moins chères pour les familles fait le point.

Enfin, pensez à l’effet domino : quand la zone A part, la zone B suit une semaine plus tard, puis la zone C. Les destinations partagées entre zones voient leur fréquentation s’étaler sur six à huit semaines au lieu de deux. Notre page zone A, B ou C vous aide à situer la vôtre avant de réserver.