Rome, Florence, Venise, la tour de Pise, les Cinque Terre : l'Italie concentre sur quelques centaines de kilomètres une densité de sites exceptionnelle qu'aucun autre pays européen n'égale. Voici un tour d'horizon des endroits à ne pas manquer, avec des conseils pratiques pour organiser votre séjour.
L'Italie accueille chaque année plus de 60 millions de visiteurs. La plupart se concentrent sur une poignée de villes, ce qui rend les sites secondaires d'autant plus agréables à visiter. Bien choisir ses étapes, c'est souvent la différence entre un voyage subi dans la foule et un séjour dont on se souvient.
La capitale italienne n'est pas une ville à visiter vite. Le Colisée, inauguré en l'an 80 après J.-C., peut accueillir jusqu'à 50 000 spectateurs et reste l'amphithéâtre antique le mieux conservé au monde. Comptez 2 à 3 heures sur place en achetant votre billet en avance — les files d'attente sans réservation dépassent régulièrement 2 heures en haute saison.
Le Forum Romain jouxte le Colisée et se visite avec le même billet. On marche littéralement sur les dalles où défilaient les légions romaines. C'est peut-être l'endroit le plus impressionnant de toute la ville, et l'un des moins photographiés.
La Cité du Vatican mérite une journée entière. Les Musées du Vatican abritent une collection de 70 000 œuvres, dont seulement 20 000 sont exposées en permanence. La Chapelle Sixtine, peinte par Michel-Ange entre 1508 et 1512, est souvent bondée ; arriver dès l'ouverture (9 h) réduit l'affluence. La basilique Saint-Pierre est libre d'accès — la montée au dôme coûte 8 à 10 € selon qu'on prend l'ascenseur ou non.
Le quartier du Trastevere, sur la rive droite du Tibre, est le meilleur endroit pour dîner sans se ruiner. Les trattorias y servent une cuisine romaine classique — cacio e pepe, carbonara, coda alla vaccinara — à des prix raisonnables tant qu'on évite les tables avec photo-menus collées à la vitrine.
Pise se résume souvent à la Place des Miracles — baptistère, cathédrale, cimetière monumental et campanile penché — mais c'est à tort qu'on la traverse en deux heures. La tour de Pise mesure 56 mètres côté nord et 55,86 mètres côté sud, son inclinaison résultant d'un sol trop meuble au moment de la construction, lancée en 1173. La montée au sommet est possible en groupe de 30 personnes maximum et se réserve impérativement en ligne : les créneaux partent vite en juillet-août. Retrouvez tous les détails pratiques et réservez votre billet tour de Pise avant le départ pour éviter la déception sur place.
Florence se visite idéalement sur 2 jours pleins. La Galerie des Offices rassemble les chefs-d'œuvre de la Renaissance italienne : la Naissance de Vénus de Botticelli, le Printemps, les autoportraits de Titien. Le Ponte Vecchio, construit en 1345, est le seul pont florentin épargné par les Allemands en retraite en 1944 — la légende dit qu'Hitler lui-même aurait refusé sa destruction. Les boutiques de joaillerie qui l'occupent sont là depuis le XVIe siècle.
Sienne mérite le détour, à 70 km au sud de Florence. La Piazza del Campo, en forme de coquille, est l'une des plus belles places médiévales d'Europe. Le Palio di Siena, course de chevaux bareback organisée deux fois par an (2 juillet et 16 août), attire des foules immenses ; hors période de Palio, la place est paisible et les glaciers autour sont honnêtes.
Venise est construite sur 118 îles reliées par 435 ponts. Il n'y a pas de voitures — ni de vélos, ni de scooters. On se déplace à pied ou en vaporetto (bateau-bus). Le vaporetto n°1 longe l'intégralité du Grand Canal en 45 minutes pour environ 9,50 € le billet simple ; c'est l'une des plus belles balades urbaines qui soit, sans dépenser davantage.
La Basilique Saint-Marc est gratuite mais la file s'allonge dès 9 h en été. La solution : réserver le créneau d'entrée sur le site officiel pour 3 € et rejoindre directement l'entrée prioritaire. Le sol en mosaïque byzantine et le retable Pala d'Oro (couvert de 2 000 gemmes) valent chaque centime du billet.
Le palais des Doges, adjacent à la basilique, était à la fois siège du gouvernement et prison d'État. Le Pont des Soupirs, qu'on traverse depuis l'intérieur du palais, relie les salles d'interrogatoire aux cellules. Casanova en fut le prisonnier le plus célèbre — et le seul à s'être évadé, en 1756.
Éviter Venise en août : 30 000 à 35 000 touristes par jour en plein été pour une ville de 50 000 habitants. Mars, avril, octobre et novembre offrent une Venise presque ordinaire, avec la brume sur le canal et les bacari (bistrots à cicchetti) accessibles.
Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola, Riomaggiore : cinq villages ligures séparés par des sentiers taillés dans la roche au-dessus de la mer. L'ensemble est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997. Le sentier Azzurro, le plus populaire, relie les cinq villages en 5 à 7 heures selon le rythme ; certains tronçons sont fermés selon les saisons à cause des éboulements.
La Cinque Terre Card couvre les trains régionaux entre les villages et l'accès aux sentiers. Elle coûte 18,20 € pour 2 jours. En semaine hors juillet-août, les villages restent supportables. Le week-end en plein été, Vernazza et Manarola débordent.
Corniglia, le seul village sans accès direct à la mer, est le moins fréquenté. Pour y accéder depuis la gare, il faut monter 382 marches. Ça filtre efficacement les visiteurs pressés, et le village reste tranquille même en haute saison.
Le lac de Côme s'étend sur 146 km² et culmine à 425 mètres d'altitude côté rive. C'est le lac le plus profond d'Italie avec 410 mètres au point le plus bas. Les villas Belle Époque et les jardins en terrasses sur les rives sont accessibles en bateau depuis Côme ou Bellagio.
Bellagio, sur le promontoire central où le lac se divise en deux branches, est le village le plus photographié. Il mérite la réputation : les ruelles fleuries, le marché local et la Villa Serbelloni (propriété du Rockefeller Center) font du bourg un endroit étrangement préservé malgré son succès. Arriver en ferry depuis Varenna ou Menaggio coûte 6 à 9 € selon la traversée.
Le lac de Garde, plus à l'est, convient mieux aux familles avec enfants : Gardaland (parc d'attractions) est à 10 minutes de Peschiera del Garda, et les villes du lac — Sirmione, Malcesine, Garda — sont moins huppées que Côme.
La Sicile n'est pas l'Italie du Nord avec du soleil en plus. C'est un territoire à part, marqué par les Grecs, les Arabes, les Normands, les Espagnols. Agrigente et sa Vallée des Temples concentrent les ruines grecques les mieux conservées du bassin méditerranéen : le temple de la Concordia, érigé au Ve siècle avant J.-C., est presque intact.
Palerme mélange les styles architecturaux comme nulle autre ville : la chapelle Palatine, construite par les rois normands au XIIe siècle, associe mosaïques byzantines, voûtes arabes en stalactites et colonnes romaines. Les marchés de Ballarò et Vucciria vendent poissons, épices et street food (arancini, panelle, sfincione) à des prix sans rapport avec ce qu'on paie dans les trattorias touristiques.
L'Etna, le volcan actif le plus haut d'Europe avec 3 357 mètres, se visite depuis Catane ou Taormine. Les excursions organisées montent jusqu'à 2 900 mètres en câble-car, puis à pied jusqu'au cratère. La lave noire refroidie qui recouvre les flancs date parfois de quelques années seulement.
Le nord de l'Italie (Milan, Venise, lacs) est agréable d'avril à octobre. La Toscane et Rome sont supportables de mars à juin et en septembre-octobre, avec des températures entre 18 et 27 °C. La Sicile se visite idéalement en mai-juin ou septembre : les 35 à 40 °C de juillet-août restent éprouvants.
Le train Frecciarossa relie Rome à Florence en 1 h 30 et Florence à Milan en 1 h 45. Les billets réservés plusieurs semaines à l'avance descendent à 19 € par trajet. En voiture, la Toscane rurale (San Gimignano, Pienza, Val d'Orcia) est bien plus accessible qu'avec les transports en commun. La location coûte en moyenne 40 à 80 € par jour selon la saison et le gabarit du véhicule.
Les zones ZTL (accès restreint aux véhicules) couvrent les centres historiques de Florence, Sienne, Rome et la plupart des villes touristiques. Entrer dans une ZTL sans badge donne systématiquement lieu à une amende — entre 80 et 150 € — envoyée au domicile du loueur, qui la répercute sur la carte bancaire du client parfois plusieurs mois après le retour. Vérifier les horaires de restriction avant chaque entrée en ville.