Le syndicat majoritaire des enseignants du premier degré, la FSU-SNUipp (Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC), a provoqué un vif débat en proposant de renommer les vacances scolaires de Noël et de la Toussaint afin de leur ôter toute connotation religieuse. Si la mesure reste purement consultative, elle interroge sur la laïcité, la tradition et la symbolique du calendrier français.
C’est lors d’une réunion du Conseil supérieur de l’Éducation (CSE), fin septembre 2025, que le syndicat FSU-SNUipp a déposé un amendement assez inattendu. L’idée de ce dernier serait de rebaptiser les “vacances de la Toussaint” en “vacances d’automne”, et les “vacances de Noël” en “vacances de fin d’année”.
Rappelons que les dénominations “vacances de Noël” et “vacances de la Toussaint” sont celles utilisées officiellement dans le calendrier scolaire du ministère de l’Education nationale. Notons aussi que, depuis 1974, les “vacances de Pâques” ont été modifiées en “vacances de printemps” par le ministère.
Pour les représentants du syndicat, il s’agit d’une mesure de cohérence avec le principe de laïcité inscrit dans la Constitution ainsi que dans le code de l’éducation. Les représentants expliquent que “Nous accueillons dans nos écoles des enfants de toutes origines et de toutes confessions, il est normal que les intitulés du calendrier soient neutres et universels.”
L’amendement a été adopté par 44 voix contre 7 au sein du CSE (Conseil supérieur de l’éducation), une instance consultative qui réunit syndicats, représentants des parents d’élèves et du ministère. Il faut cependant souliguer que cette adoption n’a aucune portée réglementaire immédiate, car seul le ministère de l’Éducation nationale peut valider ou modifier officiellement les appellations des vacances du calendrier scolaire.
Interrogé par plusieurs médias, le ministère a précisé qu’il n’envisageait pas de suivre cette recommandation et qu’aucune modification de ce type n’était à l’ordre du jour.
L’annonce a rapidement déclenché une vague de réactions contrastées. En effet, si certains saluent une initiative en phase avec la neutralité laïque de l’école, d’autres dénoncent une “dérive idéologique” et une volonté “d’effacer les traditions chrétiennes” du calendrier.
L’UNI (Union nationale inter-universitaire), organisation proche de la droite universitaire, a lancé une pétition contre ces changements de noms. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #TouchePasAMesVacancesDeNoël a été relayé par de nombreux internautes attachés à la symbolique des fêtes religieuses traditionnelles.
De son côté, le SNUipp défend un débat apaisé en déclarant que “Nous ne voulons supprimer aucune fête, simplement adapter le vocabulaire institutionnel à la réalité d’une école laïque.”
Ce débat est loin d’être nouveau, et depuis plusieurs années la question du vocabulaire dans les institutions publiques (qu’il s’agisse des menus scolaires, des crèches de Noël ou des jours fériés) revient régulièrement dans le débat public.
Les noms des vacances scolaires, figés depuis plusieurs décennies, renvoient à des héritages religieux : Noël, Toussaint, Pâques… Autant de repères culturels inscrits dans l’histoire de la France, mais dont la pertinence dans une société pluraliste fait désormais question.
Pour certains observateurs, le débat dépasse largement la simple question sémantique : il touche à la manière dont la République concilie la laïcité et la mémoire culturelle du pays.
En l’état actuel, aucune décision officielle n’a été prise. Le ministère de l’Éducation n’ayant aucunement prévu de modifier les appellations du calendrier scolaire 2026-2027, déjà en préparation. La proposition du SNUipp restera donc symbolique pour l’instant, mais elle pourrait relancer un débat plus large sur la place des références religieuses dans les institutions publiques.
Qu’on y voie un excès de zèle ou un simple rappel à la neutralité républicaine, cette initiative rappelle que la laïcité française, loin d’être figée, demeure un terrain de tension et de débat dans une société en quête d’équilibre entre mémoire et modernité.